
"objects in mirror are
closer than they appear"
centon d'images et de textes, composé au fil de mes voyages, réels et virtuels
























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"La caravane est chose fragile - dit un chamelier. Il suffit que ton animal secoue la queue : la caravane frémit et c'est déjà une autre caravane, ce n'est pas celle qui arrivera qui est partie, celle d'aujourd'hui n'est pas celle de demain. La mémoire est de sable - dit-il -, la caravane est d'eau."
Bernard Olivié & Jorge Zentner, Caravane, FRMK, 2003.








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- On ne fait pas de transformations fondamentales sans un minimum de folie. Dans ce cas, cela devient du non-conformisme, le courage de tourner le dos aux formules connues, celui d'inventer l'avenir. D'ailleurs, il a fallu des fous hier pour que nous nous comportions de manière extrêmement lucide aujourd'hui. Je veux être de ces fous-là.
- Inventer l'avenir ?
- Oui. Il faut oser inventer l'avenir. Dans le discours que j'ai prononcé pour le lancement du plan quinquennal, j'ai dit : "Tout ce qui sort de l'imagination de l'homme est réalisable par l'homme." Et j'en suis convaincu.
Entrevue de Thomas Sankara avec Jean-Philippe Rapp, "Oser inventer l'avenir", dans Thomas Sankara parle, Pathfinder, 2007.



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Théo vu par son grand frère, sa grande soeur et son papa. Qui a fait quelle photo ?
"Le coeur soudain privé, l'hôte du désert devient presque lisiblement le coeur fortuné, le coeur agrandi, le diadème."
René Char, Lettera Amorosa.

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Toutes les routes mènent à Rome ? Voire. Il y a des routes buissonières, des routes libertines, des routes puritaines, des routes zen... Chacun choisit la sienne, et quelle que soit la voie, nécessairement, biologiquement, chacun voyage à bord de soi-même.
Jacques Meunier, Le monocle de Joseph Conrad, cité par Franck Michel, Voyage au bout de la route, ed. de l'Aube, 2004.

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Je n'ai pu percer sans frémir
ces portes d'ivoire ou de corne
qui nous séparent du monde invisible.
Gérard de Nerval

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Le 8 mars est jour férié au Burkina Faso. Instauré par Thomas Sankara, celui-ci voulait donner l’occasion à chaque homme d’échanger de rôle avec sa femme, en commençant par cette journée-là. Ce qu’il n’avait pas prévu, c’est que les marchandes de légumes sur les marchés, confrontées à des acheteurs novices, allaient doubler, ce jour-là, le prix des marchandises les plus courantes… et eux de tomber dans le panneau (selon Madame Zongo, raconté dans la cour d’Hortense)..jpg)
La mer quand elle a fait son lit sous la lune et les étoiles et qu’elle veut sombrer tout à fait dans le sommeil ou dans l’extase
la mer quand les poissons ont trouvé une autre route pour tirer la soie du cocon et gagner leur temps de paresse
la mer quand plus rien ne la retient d’en faire à sa tête
le contrat des Compagnies maritimes ni le traité des Eaux territoriales
ni le cours du baril ni celui du dollar
la mer enfin quand elle peut se ranger pour de bon et voyager incognito
ne descend pas à l’hôtel comme on pourrait s’attendre de la part d’une personne de son importance, non car elle n’a rien à voir avec les chambres de hasard et peu lui importe que des princes y soient descendus
la mer comme tout ce qui cherche mesure à sa soif ne descend pas, elle monte
elle monte dans les trains à petite vitesse les derniers survivants de l’ère vagabonde
à pratiquer le précepte bouddhique du voyage
et qui vont de gare en gare abandonnées dans la bruyère pour le plaisir de quelques vaches
elle monte dans les collines pour voir les toits d’ardoise et les tuiles
et la lumière sur eux qui pêche à la ligne et le mouvement de la terre alertée
elle monte aussi dans les chambres pour saluer les femmes
qui savent aimer et dont le corps garde longtemps la chaleur des étreintes
et là, s’arrête enfin et ses vagues l’une après l’autre se couchent dans leurs yeux
alors les femmes se lèvent car il est l’heure du café dans la cuisine
l’heure à nouveau d’affronter la houle des enfants et ces pensées en grand tumulte
qui vont viennent se brisent en éclats de verre et toujours ressuscitent
comme cet oiseau inlassable au fond du noyer qui répète
la même question - deux ou trois mots seulement – et le coeur est au large…
- Mère, que disais-tu déjà ?
(J’ai vu bouger tes lèvres) et ces yeux, qui te les as changés ?
Guy Goffette, Eloge pour une cuisine de province (extrait), cité dans Poèmes à dire, Une anthologie de poésie contemporaine francophone, Gallimard, 2002.
Le livre m'a été prêté par Natalie, la photo de Maman par Viviane, le poème dicté par Daphné.
Femme nue, femme noire
Vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté !
J'ai grandi à ton ombre ; la douceur de tes mains bandait mes yeux
Et voilà qu'au cœur de l'Eté et de Midi, je te découvre, Terre promise, du haut d'un haut col calciné
Et ta beauté me foudroie en plein cœur, comme l'éclair d'un aigle.
Femme nue, femme obscure
Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui fais lyrique ma bouche
Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses ferventes du Vent d'Est
Tamtam sculpté, tamtam tendu qui gronde sous les doigts du vainqueur
Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l'Aimée.
Femme nue, femme obscure
Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de l'athlète, aux flancs des princes du Mali
Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta peau
Délices des jeux de l'Esprit, les reflets de l'or rouge sur ta peau qui se moire
A l'ombre de ta chevelure, s'éclaire mon angoisse aux soleils prochains de tes yeux.
Femme nue, femme noire
Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l'Eternel
Avant que le destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir les racines de la vie.
Léopold Sédar Senghor, Femme noire, Chants d’ombres, 1945.




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Ces jours d’azur, ce soleil de l’enfance.




















































µ
A plouf un fouc
scur tal me sen :
no’l è soreli
e no’l è lus.
Dis dols e clars
a svualin via,
jo i soj di ciar,
ciar di frutùt.
µ
[…]
Il pleut un feu
obscur sur ma poitrine :
ce n’est pas le soleil
et ce n’est pas la lumière.
Journées douces et claires
s’envolent au loin ;
moi, je suis de chair,
chair de petit enfant.
[…]
Pier Paolo Pasolini, Le dimanche olive, extrait de Dans le cœur d’un enfant (Tal cour di un frut), Actes Sud, 2000.








Au même moment, ailleurs dans le monde paraît:
USA: le bon départ des achats de Noël rassure pour la consommation
Par Claire GALLEN (fr.biz.yahoo.com)
lun 27 nov, 19h26
WASHINGTON (AFP) - La saison des fêtes de fin d'année a commencé en fanfare pour les commerçants américains, un signe rassurant pour la consommation, mais certains analystes jugent qu'il est trop tôt pour crier victoire.
La plupart des Américains ont commencé vendredi leurs emplettes de Noël: c'est en effet au lendemain de la fête de Thanksgiving (Action de grâce) que les magasins donnent le coup d'envoi de la saison des fêtes, à grand renfort de rabais et soldes imbattables.
Inquiets devant les mauvaises nouvelles économiques, les commerçants se sont surpassés cette année, n'hésitant pas à ouvrir leurs portes dès minuit pour certains d'entre eux.
Le résultat a payé: plus de 140 millions de personnes se sont rendues dans les magasins vendredi, et chacune a dépensé en moyenne 360,15 dollars, en hausse de 18,9% par rapport à l'année précédente, selon la National Retail Federation (NRF) qui suit les tendances du commerce de détail.
"Les choses se déroulent plutôt bien jusqu'à présent", estime Leon Nicholas, analyste du cabinet Global Insight, qui prédit pour l'ensemble de la saison des fêtes une hausse de 6 à 6,5% des ventes par rapport à l'an dernier.
C'est un bon signe pour la croissance américaine qui dépend pour les deux tiers de la consommation.
Les analystes soulignent toutefois qu'il est trop tôt pour crier victoire.
[...]
Si, sur bien des points, on peut établir un parallèle entre les arts et la photographie, celle-ci possède cependant un assez étrange pouvoir dont ont certainement parlé d’autres que moi mais qui lui est tellement spécifique qu’il ne cesse de m’émerveiller : c’est celui de fixer, de mémoriser ce que notre mémoire elle-même est incapable de retenir, c’est-à-dire l’image de quelque chose qui n’a eu lieu, n’a existé que dans une fraction infime du temps […]. Et seule, à ma connaissance du moins, la photographie peut saisir et garder une trace de ce qui n’avait jamais été et ne sera plus jamais. Je me demande en définitive, et au-delà de toute autre considération , si ce n’est pas l’attrait de ce pouvoir quelque peu magique qui m’a poussé à m’y essayer.







































There’s a crack in everything. It’s how the light gets in. Leonard Cohen






















































































Photo empruntée à Raphaël















































